billet d'humeur

 

BILLET DU 15 JUIN 2008: PENURIES

 PENURIE D’EAU :

Depuis deux semaines, dans mon quartier, nous n’avons plus d’eau. Nous sommes donc obligés d’en acheter.

-les plus riches se font livrer quelques mètres cubes par camion spécial (50 000 fcfa*, les 7m3 ) ou alors ils ont construit une maison équipée d’un forage,

-les autres achètent des bidons de 25 litres et envoient des pousse-pousseurs chez d’autres particuliers (ceux qui ont encore de l’eau) en acheter et leur livrer, soit 150 fcfa les 25 litres. Dans mon quartier, comme il n’y a plus d’eau chez un seul particulier, l’achat et le transport d’un bidon de 25 litres sont passés à 300 fcfa,

-quand aux pauvres, comment ils font pour se laver, préparer la cuisine, faire la lessive et le ménage… qui s’en soucie ?  

 

ELECTRICITE DEFAILLANTE :

« Le courant ne fait que partir », voilà une expression récurrente ces derniers temps. Et si par miracle, vous avez du courant, cela ne peut être un courant « complet ». En effet, les installations brazzavilloises étant souvent triphasées (trois phases, trois lignes de courant), le courant ces derniers temps n’arrivent jamais plus à alimenter entièrement une maisonnée…Et en plus, quand il arrive, il est de mauvaise qualité, ce qui n’est pas sans conséquence sur les appareils électriques…

-les plus riches s’en moquent : ils ont des groupes électrogènes, et ils ont les moyens de s’approvisionner en gasoil, malgré le bruit et la pollution que cela occasionne,

-les pauvres subissent, et les chefs d’entreprise, sans courant pour travailler, qui s’en soucie… ?

PLUS D’ESSENCE :

Cela fait maintenant deux semaines que les stations-essence ne livrent plus. Lorsqu’elles le font, c’est à peine exagéré de dire que c’est « au compte-goutte » : dix litres maximum par véhicule ;

-les riches ont des moyens, par le marché noir, d’acheter de l’essence à un prix exorbitant (25 000 fcfa le bidon de 25 litres, soit 1000 francs le litre),

-les moins riches acceptent la course en taxi à 1000, 1500 voire 2000 francs.

-les autres sont obligés d’accepter les bus « demi-terrain » (les bus ne vous conduisent plus, pour 150 francs jusqu’au terminus habituel, la ligne est écourtée, ce qui fait qu’il faut payer 3 fois le bus (soit 450 francs) pour se rendre à son lieu de travail, quand en période normale, 150 fois suffisent)

-mais les plus pauvres, qui s’en soucie ?

 

DE TOUTES LES FACONS, sachez chers lecteurs-internautes, que les tarifs vont augmenter incessamment : les discours récents de certaines autorités sont clairs. Attendez-vous à payer, dans les prochaines semaines :

-votre bus à 200 fcfa, soit une augmentation de 33%

-votre taxi à 1000 fcfa, soit une augmentation de 42%

-votre litre d’essence à 600 fcfa, soit une augmentation 41%

 

 

En toute logique, cela se fera après les élections, et cette pénurie d’essence dont on ne connaît pas la cause (la CORAF, société congolaise qui raffine le pétrole en carburant aurait des difficultés de stockage en période de nettoyage des cuves) viendrait à point nommé : les consommateurs, trop contents d’avoir à nouveau du carburant accepteront sans trop se plaindre de payer plus cher…

 

 

 

 

 

Question aux internautes : pourquoi les revendeurs d’essence brazzavillois du marché noir sont-ils appelés des « Khadafi » ?

 

 

 

*1 euro=656 francs cfa

 

 

 

 

 

 

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